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Mardi, 03 Novembre 2009 17:06

 

L'inceste en chiffres

Extrait du Manifeste AIVI 2004


 



 

 



L’inceste : un phénomène largement sous-estimé



En l’absence d’études et d’enquêtes françaises, nous avons recensé les informations et données internationales, partant du principe qu’aucune raison ne peut justifier une différence de résultats dans notre pays.


Les victimes


80% des victimes d’infractions sexuelles sont de sexe féminin. (1)

20% des femmes et 7% des hommes subiront une agression sexuelle avant l'âge de 18 ans. (2)

45% des violences sexuelles concernent des enfants de moins de 9 ans. (3)

Le risque relatif d'infractions sexuelles chez les handicapés est multiplié par 3 par rapport à la population générale. (4)

50% des victimes d’inceste appartiendraient à des familles touchées par l'alcoolisme. (5)

 

 

Les agresseurs


98% des agresseurs sexuels sont des hommes, âgés de moins de 18 ans pour 19% d’entre eux. (1)

Dans 70 à 85% des cas, l'agresseur est connu de la victime. (1)

72% des auteurs de violences sexuelles sur mineurs signalés sont des personnes de la famille (3) mais 74% des personnes interrogées supposent que les violences sexuelles sont infligées aux enfants par des inconnus. (6)

 

Troubles et conséquences


Troubles multiples : une étude du Comité de protection de la jeunesse canadienne sur les cas de 85 filles ayant subi l'inceste qui a été signalé, démontre que ces filles présentaient en moyenne huit sortes de problèmes, soit d'ordre familiaux (86%), psychologiques (85%), de relations sociales (49%), scolaires (46%), de nature sexuelle (34%), de délinquance (26%), de fugue (25%) et de santé (23%).

Troubles du sommeil :20 % à 30 % des enfants agressés sexuellement ont des problèmes reliés au sommeil (8).

 

 

 


 

Anorexie - boulimie : 5 % à 20 % des enfants victimes éprouvent des difficultés reliées aux comportements alimentaires et à l'appétit. (8) 50% des anorexiques et 75% des boulimiques interrogés font état d’agressions sexuelles dont ils auraient été victimes dans leur enfance. (9)

Fugues et délinquance : des études relatives aux jeunes fugueurs et aux délinquants rapportent qu'entre 30 % et 55 % d'entre eux avaient été victimes d'agressions sexuelles. Les victimes d'inceste auraient tendance à quitter précocement la maison, avant 18 ans. (10)

Les séquelles : qui ont cependant le plus été étudiées et dont on pense qu'elles ont le plus d'impact sont les perturbations psychologiques. Sgroi les définit ainsi : la culpabilité, la peur, la dépression, la perte d'estime de soi (60 et 87% des victimes d'inceste seraient modérément ou gravement affectées dans leur estime d'elles-mêmes) et les problèmes de sociabilité, la colère et l'hostilité refoulées, la diminution de l'aptitude à faire confiance à quelqu'un, la confusion des rôles, la pseudo-maturité, alliée à l'incapacité d'accomplir les activités de développement; des problèmes de maîtrise de soi et de contrôle. (10)

Préjudice physique : le sondage national mené auprès des hôpitaux Canadiens par le Comité Badgley a permis de recueillir que plus de sept filles sur dix (71,9%) et près d'un garçon sur deux (47,4%) victimes d’agressions sexuelles avaient subi une pénétration ou une tentative de pénétration. D'après le résultat des examens médicaux, environ un enfant sur quatre (23,1%) avait besoin de soins médicaux pour des préjudices physiques ou des états pathologiques (qui n'étaient pas tous imputables à l'agression sexuelle). (10)

 

 


 

 

Prostitution : entre 76 et 90% des femmes et des hommes prostitués ont des antécédents d'agressions sexuelles pendant leur enfance, le plus souvent de nature incestueuse (11).

 

 

 

 

Toxicomanie : 35 % des femmes ayant vécu l'inceste auraient des problèmes de drogues et d'alcool, comparativement à 5 % des femmes non agressées. (12) Les femmes ayant été agressées sexuellement durant l'enfance risquent deux fois plus que les autres de prendre des somnifères et trois fois plus de recourir à des calmants. (8)

 

 

 

 

 

Dépressions et suicides : les victimes d’infractions sexuelles sont 8 fois plus susceptibles que les «non victimes» de faire des tentatives de suicide et 5 fois plus susceptibles de faire une dépression nerveuse. (1). U ne étude auprès des femmes hospitalisées dans les services psychiatriques des hôpitaux de Toronto révèle que 90% d'entre elles ont vécu des agressions sexuelles ou physiques ou les deux durant leur enfance. (10)

Maladies musculaires :90% des femmes atteintes de fybromyalgie auraient subi des agressions sexuelles, physiques ou psychologiques durant l’enfance, l’adolescence ou au début de l’age adulte (13)

Revictimisation : les femmes exploitées sexuellement pendant leur enfance se retrouvent souvent dans des situations dangereuses ou dans des relations où elles sont exploitées. Il existe un lien étroit entre l’inceste et l’expérience ultérieure d’agression sexuelle, de violence conjugale ou d’autres formes de violence sexuelle. (14)

Problèmes affectifs : une forte majorité des victimes d'inceste vivent difficilement leurs rapports avec les hommes, et environ 40% d'entre elles ne se sont jamais mariées. (10)

 



 

 

L’automutilation : le nombre des victimes d’inceste présentant des gestes d’automutilations ( brûlures, entailles, coupures) atteint 58 % dans certaines études.

 

 

Beaucoup de victimes ignorent longtemps que ces troubles et conséquences peuvent être causés par l'inceste. [10]


La justice


90 % des cas d’infractions sexuelles faites sur les enfants ne sont pas déclarées aux autorités (15).

L’inceste constitue 20% des procès d'Assises en France. (3)

64% des européens interrogés jugent la législation concernant les violences sexuelles sur enfants insuffisante. (6)

91% des européens interrogés souhaitent l’application de peines plus sévères. (6)

 

Les comportements


La torture jour après jour :85% des cas d'inceste durent plusieurs années (15). Ils sont toujours accompagnés de mauvais traitements psychologiques et souvent de violence physique. (17)

Les appels au secours : 78 % des adolescents fugueurs déclarent des sévices de la part de leur parent dans l'année qui précède la fugue (18)

La loi du silence : de 42,5% à 50% des personnes n’avaient jamais parlé des violences subies avant d’être interrogées. (19) (20)

Le déni : jusqu’à 50% des victimes ne se souviennent d’avoir été exploitées qu’après plusieurs années. Ce souvenir est généralement éveillé par un élément de la vie adulte. (21)

Le rejet : il existe bien souvent une complicité familiale, la mère hésitant à briser son ménage, ou résistant difficilement à l'emprise de son mari. Dans les dictatures familiales, il y a souvent rejet de l'enfant par la mère. (16)

La révélation :50% parlent des qu’ils subissent aviolences vec des amis ou ceux qui prennent soin d’eux (en général leur mère). (22)

 


Sources

  1. Santé et services sociaux du Québec, Canada, site Une agression sexuelle c’est quoi ?
  2. CRIPCAS Centre de recherche interdisciplinaire sur les problèmes conjugaux et les agressions sexuelles, Québec, Canada.
  3. SNATEM Service National d’Accueil Téléphonique pour l’Enfance Maltraitée : Etude SNATEM 2001, France.
  4. Salbreux et Charmasson ou Sullivan et Knutson, 2000
  5. Santé et services sociaux du Québec Canada
  6. Dialogue européen, 1999 : L’abus sexuel des enfants en Europe Ed. Conseil de l’Europe p 6.
  7. Macdonald, 2001 : L’abus sexuel des enfants en Europe Ed. Conseil de l’Europe p 27.
  8. HAMEL et CADRIN, op. cit., p. 36.
  9. http://www.lousonna.ch/psycho/anorexie/index.html.
  10. L’INCESTE ENVERS LES FILLES : ÉTAT DE LA SITUATION : Québec, Conseil du statut de la femme.
  11. HILL, Kathryn. Adult Survivors of Child Sexual Abuse, fiche d'information, Centre national d'information sur la violence dans la famille, Ottawa, Canada 1992.
  12. COMITÉ PERMANENT DE LA SANTÉ ET DU BIEN-ÊTRE SOCIAL, DES AFFAIRES SOCIALES, DU TROISIÈME ÂGE ET DE LA CONDITION FÉMININE (sous-comité sur la condition féminine), La guerre contre les femmes, Ottawa, Gouvernement du Canada, juin 1991, p. 14.
  13. Goldberg et al Disabil. Rehabil. 1999 ;21 (1) :23-30 ; Boston, USA
  14. Diana E.H. Russell, The Secret Trauma: Incest in the Lives of Girls and Women, New York : Basic Books, Inc., 1986, pp. 157-173.
  15. Fondation Marie Vincent Québec, Canada, site « L’inceste : parlons en»
  16. Foucault P. (1990) L'abus sexuel. Montréal: ed. Logiques
  17. Sgroi, 1982, cité dans Limites. La violence sexuelle envers les enfants et les jeunes. SFA-ISPA, 1993.
  18. Farber, E.A. & Egeland, B. 1987. Invulnerability among abused and neglected children. In E.J. Anthony & B. Cohler (Eds.), The invulnerable child. New York: Guilford Press.
  19. Wetzels, 1997, Allemagne : L’abus sexuel des enfants en Europe Ed. Conseil de l’Europe p 91.
  20. Enveff Enquête nationale sur les violences envers les femmes en France 2000 - Secrétariat d'État aux (21) Wendy Maltz et Beverly Holman, Incest and Sexuality: A Guide to Understanding and Healing Toronto : Lexington Books, 1987, p.4.
  21. Wattam et Woodward, 1996 : L’abus sexuel des enfants en Europe Ed. Conseil de l’Europe p 10. Droits des Femmes France.
  22. COLLECTIVE PAR ET POUR ELLE, op. cit., p. 33-34 et FINKELHOR, op. cit., p. 11. Ce dernier écrit : “De poursuivre des explications d'ordre psychologique qui remontent au passé de l'agresseur, c'est d'après moi une poursuite inutile car les agresseurs ne sont pas si différents de la population en général.”
  23. COLLECTIVE PAR ET POUR ELLE, op.cit., p. 33-34.
  24. DRIVER et DROISEN, op. cit., p. 12.
  25. Hélène MANSEAU, L'abus sexuel et l'institutionnalisation de la protection de la jeunesse, Sillery, Presses de l'Université du Québec, 1990, p. 87.
  26. Judith L. HERMAN, “Recognition and treatment of incestuous families”, International Journal of Family Therapy, vol. 5, 1993, p. 81 à 91.
  27. MOISAN, op. cit., p. 39.
  28. “Sexuellement agressive à 3 ans!” La Presse, le 26 novembre 1989, p. A-3.
  29. RYAN, 1976, cité par NOËL, op.cit., p. 147.
  30. Voir entre autres, Lise CLOUTIER, “Une histoire qui doit finir”, La Gazette des femmes, novembre – décembre 1990, volume 12, no 4, p. 17, op. cit. p. 17.
  31. Camille MESSIER, Des enfants et des jeunes, victimes d'abus sexuels, la problématique des abus sexuels d'enfants et, plus particulièrement, d'inceste père-fille, Comité de la protection de la jeunesse, p. 28.
  32. DRIVER et DROISEN, op. cit., p. 31, rapporte que : “the judicial inquiry into the Cleveland child abuse cases in the North of England was told in 1987 that one of a team of psychiatrists at one northern hospital considered that the experience “probably enriched the lives of the children (they) had seen”.
  33. Jean-François SAUCIER, op.cit., p. 5.
  34. BRICKMAN, op. cit. p. 8.
  35. THOENNES et TJADEN, op. cit., p. 151.
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