AIVI - Association Internationale des Victimes de l'Inceste

 
Tournantes à 11 ans PDF Imprimer Envoyer
Note des utilisateurs: / 3
MauvaisTrès bien 
Victime de Pédophile
Mardi, 23 Février 2010 14:10

femme4Je viens de terminer le livre d'Isabelle Aubry. Je viens témoigner. Je n'avais pas encore tout à fait 12 ans lorsque j'ai subi ma première tournante. 8 types que je connaissais pas, mais qui eux semblait bien me connaître. J'avais un couteau sous la gorge, ils ont menacé de s'en prendre à mes petites soeurs, ils connaissaient leurs prénoms. Cea a duré 4 semaines, 10 tournantes. Ils étaient au minimum 8, parfois plus. Tout s'est arrêté lorsqu'ils m'ont fait prendre du crack. J'ai perdu connaissance, je suppose  qu'ils ont eu peur. C'était fin 1999.  Je n'ai rien dit, personne n'a rien vu. J'ai camouflé tout les signes matériels et je me suis enfermée dans une bulle protectrice. Toujours aussi joyeuse, gaie et enjouée vue de l'extérieur, ravagée à l'intérieur. Ma mère est totalement toxique, j'ai presque élevée mes petites soeurs. A l'époque j'ai enfermée tout ça dans une grande boîte pour pouvoir m'occuper de la plus petites, qui était encore bébé. Elle dormait avec moi, je faisais ses biberons, la changeait...

 

Et ainsi de suite jusqu'en 2002. De dehors, nous donnions l'impression d'être une famille parfaite et bien sousn tous rapports. En 2002, suite à une nouvelle première expérience sexuelle atroce, tout est remonté. J'ai fait une TS en décembre. Ma mère ne m'a plus parlé pendant 3 semaines. Mon père était là, lui.

 

A ce moment là, je n'ai pas expliquer le motif de mon geste. En 2004, rencontre de mon ange, de ma bonne étoile, une de mes profs. Elle a vu, j'ai dit, elle a su. Elle a été auprès de moi sans arrêt pendant plus d'un an, en respectant mon secret, sans rien dire à ma mère. Puis fin 2005, juse avant le bac, je choisis de parler. J'étais interne, j'ai lâché une partie des choses par téléphone, ma mère n'a pas jugé utile de venir me chercher, nous avons attendu la fin de la semaine scolaire, et elle m'a emmenée chez une amie à elle, pour me faire parler. Tout ce que j'avais dit, jusqu'alors, c'était par écrit. Blocage complet, je pleure. La seule réponse de ma mèrea été "je ne te crois pas" après m'avoir demandé des détails sordides. Mon père était à l'étranger, il voulait sauter dans le premier avion, elle l'a convaincu de ne pas le faire. Fin de l'histoire, enterré mon enfer, nous n'en parlerons plus jamais.

 

Je suis allée de dépression en dépression jusqu'à ce que je rencontre Pascal, de 22 ans mon aîné, qui a su attendre et me mettre en confiance. Pendant trois ans et demi, mes démons mon plus ou moins fichu la paix. Puis en octobre nouveau clash avec ma mère, avec à la clé interdiction formelle de voirmes petites soeurs. Les démons sont revenus. Crises d'angoisse, automutilations, cauchemars, flashs de plus en plus longs. Aujourd'hui je suis suivie par un psy et un psychiatre. Je n'arrive toujours pas à mettre des mots sur les horreurs que j'ai vécues. Je me sens vidée de mon énergie, à bout de force. Voilà 10 ans que je me bats contre mes démons, contre ma mère, contre le mensonge permanent, contre moi.

 

Je suis désolée d'apporter un témoignage de ce genre là, j'aurais préféré vous dire que tout est rentré dans l'ordre. La réalité, c'est que je me sens morte de l'intérieur, ravagée par des images et un passé qui n'existent que pour moi...

Commentaires (2)Add Comment

Ecrivez un commentaire

busy
 

Sondages

  Quel présidentiable pourrait défendre la cause de l'inceste ?
 
 

Soutenir nos actions

66% de déduction d'impôt sur vos dons et adhésion


Verser 3, 00 euros par mois à AIVI


Adhérer à l'association

Montant  

 

 

Suivez-nous sur

logo-facebook