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| Sunday, 24 October 2010 17:50 | |||
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There are no translations available. Ensemble, enVies Atelier photographique avec des personnes ayant subi l’inceste
Six personnes ont répondu à un appel à témoin diffusé sur le site d’AIVI et ont participé en juin et juillet 2010, à un atelier photographique, spécialement pensé pour les victimes d'inceste. Le projet a été porté par Barbara Laborde, photographe, et animé par Barbara et Maral Deghati, arthérapeute. Six sessions d'une demie journée ont donné lieu à un travail personnel des participants sur eux-mêmes dont quelques images ont été présentées au congrès d'AIVI le 02 octobre à Paris. Voici une rapide présentation de cette aventure, quelques photos choisies et les impressions de plusieurs participants. Photographier, c’est choisir, c’est regarder et lever les yeux, c’est créer, jouer, c’est écouter, échanger et respecter c’est prendre la parole.
Poser, c’est accepter un regard sur soi, c’est s’accepter, c’est faire confiance, c’est renouer avec son image, avec son corps c’est lâcher prise, c’est poser des contours c’est exister.
C'est en réalisant une série de portraits en 2006 que j'ai pris conscience que le processus photographique mettait des choses en mouvement chez les personnes ayant subi l’inceste. L’idée de cet atelier photographique a germé sur ce constat et le projet a pris forme après la rencontre avec Maral Deghati, art thérapeute.
L’atelier consistait en une initiation à la photographie sur le thème du portrait. Son objectif était d’offrir un espace de création et d’expression, à la fois corporelle, verbale et artistique. Sans avoir la prétention de soigner, il s’agissait de dédier un lieu et un temps aux victimes, comme une alternative à la solitude et à l’errance. Derrière l’initiation, l’enjeu était d’utiliser les propriétés de la pratique photographique pour questionner l’image au sens large. Images de soi, images données à voir, images reçues questionnent la confiance, l’estime.
Le groupe de photographes s’est constitué après un appel à participation dont les seuls mots d’ordre étaient « motivation » et « assiduité ». Il s’est soudé autour d’une charte de confiance établie en commun avant le premier atelier et cadrant le travail commun. Cinq femmes et un homme, d’âges, d’horizons et de parcours différents ont rejoint l’aventure.
Les ateliers se sont déroulés selon le même rituel avec un temps d'accueil, un échauffement, un temps photographique et un temps de clôture. Un moment était consacré en début et en fin de séance au visionnage des photos. Le temps photographique était basé sur une série d’exercices précis, rythmé par des points techniques, des moments ludiques et alimenté par des accessoires (cadres, miroirs, tissus). Les prises de vue s’organisaient en groupe, en binômes ou seul pour les autoportraits. Chacun des participants disposait de son appareil et se posait en alternance comme photographe et comme modèle. Enfin, entre chaque atelier, les participants étaient invités à utiliser le mode vidéo de leur appareil et à se filmer chez eux pour s'exprimer sur l'atelier qui avait précédé.
Au cours de ces semaines passées ensemble, la confiance s’est installée, le groupe s’est soudé, la parole s’est déliée. En six rencontres, ils ont appris à regarder, mais ils ont également appris sur eux-mêmes et appris des autres. Les ateliers étaient un cadre vide, un contenant et un prétexte à une aventure humaine. Les six ont rempli, ensemble, ce temps et cet espace avec leur être et leurs envies. Ils racontent dans leurs images les fantômes, la transparence, la bonne distance, la difficulté à être mais aussi et surtout les joies et l’intensité de la rencontre. Ils se montrent, se cachent et livrent avec force et pudeur un peu d’eux-mêmes. Ils ont levé les yeux, ils ont fait confiance, se sont regardés et ont accepté de montrer leurs images, parce qu’ils étaient ensemble et pour dire qu’ils étaient en vie.
Ils disent « merci » et moi je leur dis « bravo les photographes ».
Barbara Laborde
Le projet a été monté grâce à l'aide d'AIVI, au soutien de l'Euro RSCG qui nous a accueillis dans ses locaux et à Fuji qui nous a gracieusement prêté les appareils photos. Merci à Sylvain Marchand, à Franck Portelance, Edtih Coiquaud et à Estelle Krief.
Les autres, les pas comme moi. Ils disent que ça me tire vers le bas. Pourquoi ne comprennent-ils pas ? Que ce travail de photo Cet atelier, ce labo Ça m’a aidée à revivre. A sortir du noir Aller vers la lumière M’exposer. Me révéler Pour Briller et Briser « le silence de l’inceste ». AS
La confiance retrouvée
Ces ateliers photos, 6 semaines, 6 semaines d’apprentissage, de partage, une formidable aventure humaine riche en émotions fortes. Bien sûr, il y a eu le côté technique avec nos deux merveilleux professeurs Barbara et Maral. Pour moi, ce côté-là : ouille, ouille, ouille !!! Cela m’a semblé bien difficile. J’étais éternellement insatisfaite à la fin de chaque atelier et émerveillée du travail des autres. Et pourtant, en voyant le résultat la 6ème semaine, j’ai été assez époustouflée. J’ai été très admirative de l’ensemble de notre travail. Je crois qu’à travers ces photos, nous avons réussi à capter le regard et les émotions de chacun. Cette force, cette fragilité, cette générosité, cette peur mais aussi cette joie, cette transparence. Notre reflet, mon reflet. J’ai trouvé effrayant de voir à quel point je pouvais être transparente sur ces photos et à quel point les autres pouvaient l’être aussi. La joie: oui, pour une des premières fois j’avais un sourire sur des photos, un sourire naturel, pas forcé. Ce sourire m’a étonnée. Comment la personne qui m’a prise en photo a réussi à capter ce sourire ? La confiance, tout simplement. La confiance retrouvée. Il y a eu et il y a encore aujourd’hui ce partage entre nous. Sans se connaître, sans se raconter nos histoires, sans se juger, dès le premier jour la confiance s’est installée. Cela semblait si facile, si naturel. Me concernant, je pouvais enfin être MOI, sans réfléchir, sans me poser de questions, sans me censurer. Je me suis sentie différente au sein de ce groupe, enfin moi-même, sans me cacher, sans réfléchir à mes faits et gestes, à mes paroles. Je pouvais enfin respirer. Ces ateliers m’ont vraiment beaucoup apporté et beaucoup aidé. Je voudrais remercier chacun des participants qui se reconnaîtront. Merci à eux de m’avoir prouvé que l’on pouvait faire confiance à l’autre, se libérer, être soi, sans se cacher derrière un masque ou un mur. Non, pas besoin d’artifices pour être appréciée, il suffit simplement d’être soi. Je me suis découverte à travers vous. Merci de votre générosité. Merci aussi à Barbara et Maral. Vous vous êtes données sans compter. Monter ces ateliers c’est un travail fou. Et là, encore, un mot revient : la générosité. Et oui, dans le monde où nous vivons, cela fait du bien de découvrir que des personnes comme vous se donnent et donnent aux autres sans rien attendre en retour, et ces ateliers n’auraient pas pu exister sans vous deux ! Aujourd’hui, après cette aventure, j’espère que mon image et mon reflet vont se retrouver un jour pour ne faire plus qu’un. ML En un clic, dire oui à la vie
Nous étions une, une, une, une, une et un...
pour ne pas dire normaux, qui portent pourtant tant de maux. Oh! Je suis comme vous ! Et vous comme nous !
Ainsi continuer, continuer à avancer...
Personne ne m'avait dit que j'étais comme eux. un peu plus encore, je suis en vie. Accepter de se regarder, c'est se donner le droit d'exister. S’autoriser à s'aimer soi, sans culpabilité.
Virginie
Ensemble En Vies,
On a fait le choix d’oser : venir, se montrer, se regarder, expérimenter pour voir, se voir, se mouvoir.
Accepter le regard, laisser l’appareil approcher et les terreurs sortir, d’un simple appareil, un objectif.
Et puis :
Vivre émotions et sensations. Bouger mon corps dans cet espace inconnu sous des yeux inconnus. Permettre, me permettre. Me perdre peut être ? Pour savoir que je vis. Pour me voir, me connaître, me reconnaître. Ou pas.
Et les autres, que voient-ils de moi ?
J’y vais, malgré mes peurs et mes craintes. Pour sortir de l’enfermement. Me libérer dans la lumière.
Les portraits, les autoportraits. Les flous, les bougés, les cachés. Les sous exposés, les sur exposés. Les plans larges, les détails A vitesse lente, au retardateur.
La proposition donnée et le choix de la réaliser.
Moi, Elles et Lui, Ensemble et En Vie
Et au final, se révéler.
Feuilleter les pochettes Etaler les clichés
Et choisir d’exposer
A.S
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